Non, la Rafle n’est pas le nom d’un nouveau Pokémon. Oui, je fais de l’humour pourri si je veux.

La Rafle, c’est donc le film choc du moment. Il était déjà annoncé comme LE film catégorie “devoir de mémoire” de l’année 2010. Le premier à relater la rafle du Vélodrome d’Hiver (ou Vel d’Hiv), et depuis pas mal de temps aussi, le premier sans doute à ne montrer que des faits concernant des victimes et non des sauveurs. On se souviendra par exemple de la Liste de Schindler qui démontrait l’héroïsme d’un homme au milieu du chaos. Ici, rien de tout ça. Certes on y voit de plus nobles et plus dignes comportements que d’autres, une fin pas tout à fait aussi triste qu’il le devrait pour ne pas qu’on file directement se pendre à la sortie, mais de vrais drames, de vrais morts. C’est criant de vérité. Une vérité qui vous fait monter les larmes aux yeux plusieurs fois en deux heures. Et pour beaucoup, à terme, ça ne loupe pas, on chiale !

Côté casting, on notera pas mal de visages connus : Jean Reno, tout d’abord, qui se renouvelle peu, mais toujours très naturel. Gad Elmaleh ensuite, qu’on voit malheureusement trop peu, mais qui dégage toujours ce même charisme évident, dans un rôle fait sur mesure pour lui, dans un film engagé dans une cause qu’on le sait défendre depuis longtemps déjà. Et enfin, enfin ! … Mélanie Laurent. Ô douce Mélanie ! Pour moi, ça ne fait pas de doute, Mélanie Laurent est LA révélation de 2009, bien plus que Tahar Rahim (Un prophète). Déjà son deuxième film en lien avec le IIIème Reich, je ne sais pas si c’est une coïncidence. Bref, un jeu plein d’humanité, très émouvant, et charmeur, bien entendu !

Côté réalisation maintenant, je n’ai rien remarqué de bien exceptionnel, c’est donc qu’il n’y a rien de mauvais non plus. Toutefois les décors et les costumes de la mise en scène s’avèrent très bien faits ! Là où on reconnaîtra l’art du cinéaste, c’est en cette capacité à faire germer le rire dans les pires situations, parfois. Que pourrait-on vraiment reprocher à ce film donc ? Peut-être d’être trop romancé, mais ça paraît nécessaire. Peut-être également que certaines anecdotes arrivées en cours de route dévient un peu trop l’histoire du sujet principal, au point que l’intrigue en paraît un peu décousue, fragmentée. Mais ça n’est pas bien grave. On saluera enfin, cet acte de bravoure de  centaines de Français, qui contribuèrent à cacher 10.000 juifs lors de la Rafle qui devait initialement en ramasser quelques 25.000. Au final, je crois bien qu’il n’y aura eu que quelques 13.000 capturés : FAIL ! Mais ça reste beaucoup trop, et on enrage. On enrage en voyant l’air faussement vertueux du Maréchal Pétain et de ses conseillers. Il est étonnant de voir la colère que certains comportements policiers ou miliciens peuvent également inspirer, on se surprend même à vouloir vivre cette époque rien que pour pouvoir leur mettre notre point dans la figure.

Au final donc, un très bon film, pas un chef-d’œuvre, mais qui rentre sans conteste dans le genre : “films à voir”, ne serait-ce que par devoir, pour savoir qu’il y a des erreurs à ne pas commettre deux fois.

Note : Réalisateur : Rose Bosch                
Scénario :
15/20                       Année de Production : 2010
Mise en Scène : 14/20
Originalité : 13/20
Jeu d’Acteur : 18/20
Total : 15/20